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jeudi 6 septembre 2018

Hautes rives

La lumière de tes désirs, telle le phare, m'appelle du large vers le creux de tes rives

S'entrechoquants sur tes paroles, nos corps inondés se fondent, ivres


Les vagues blanches de l'amer abreuvent l'éphémère; cette oraison nous délivre


Je piétine le sein de mots sans parole au rythme des ondées que tu livres


Libérons-nous des conventions, affranchissons-nous des discussions, soyons licencieusement libre.


© Benoit Champagne photographe


dimanche 21 janvier 2018

Océan de rêve


Chapitre 2 -

Elle fut soumise, au bon gré de cet homme qui lui semblait être un chêne. Mais réalisant finalement qu’il était ce bouleau, pliant aux saisons de ses propres passions, elle découvrait le vrai pouvoir qu’elle avait sur son écorce, de loin moins épaisse qu’anticipé. Allait-elle pouvoir vivre les saisons qu’elle attendait depuis le début de leur jeu ? Abandonnée dans l’attente, interdite d’expression, la flamme qui brûle ses reins et son ventre, expressions des désirs cachés comme un trésor de pirate, dont la map égarée ne serait retrouvée qu’avec patience et longues traversées.

Elle était la feuille d’automne écarlate et flottante de légèreté avant d’être figée en un annoncé hiver qui semble toujours trop long. Cette saison qui sera une traversée de la vie, un désert en mouvance comme des eaux glaciales qui roulent sous le désir renfermé entre deux coups de pagaye pour progresser sur les moutons posés en autant de défis. Elle frémit à la simple idée de fléchir sur le chemin de la forêt ainsi allongée. Que ce duvet offert, lui soit réconfort apaisant ses attentes. Ces longs jours de noirceur. Ces longues heures sans secondes.

Sa robe rouge glissant lentement sur ses épaules de statures solides, malgré son apparence d’amazone délicate. Sa robe dévalant sur sa poitrine ainsi dévoilée: jeune nature au terreau fertile et offerte comme la Terre donne la vie. Elle sent la puissance de cette douceur sur la chaire. Elle le sait maintenant, oui, elle en a la certitude: il est soumis à elle. Il est sous son emprise. Sacrifice humain sur l’autel de la luxure libérée, des passions gonflées comme le montgolfière libéré de son ancrage, traçant le ciel comme une plume d’encre de sang, rouge de fous désirs. Rien, non rien, ne saurait lui être refusé. 


Son moindre souffle alimente les mouvements de celui qu’elle dirige comme une marionnette. Elle sent sa puissante envie décrire le chemin où tout chevalier s’inclinerait humblement dans l’abandon de la servitude. Mais même un abandon peut s’avérer fougueux; comme ces lèvres, si douces et si attentionnées aux moindres de ses frissons. Ces rives aux précipices où elle se laisserait flotter dans un vide tourbillonnant. Elles goûtent cette soie tissée de plaisir et d’envie. Cette chaleur tropicale au toucher, laisse une trace qui transporte l’imaginaire vers des contrés sauvages et inconnues. Jamais ce désir de le découvrir, cette aventure souffrante de bien-être, et ce qu’il saura imprimer sur son corps, sur ses pores, son esprit matinal qui survivra à cette nuit volcanique, n’avait pu être pressentie de manière si langoureuse. 


Glissant sur sa poitrine, ces lèvres cachent une amoureuse: une ballerine qui execute une danse avec ces lèvres pour saisir et sculpter ses seins. Incapable de retenir ses soubresauts, les frissons parcourant son échine jusqu’à ses reins. Cambrant malgré elle son dos, sous la terrible douceur submergeant ses mamelons durcies de plaisir. Sa bouche fait l’amour à ses seins comme deux êtres en parfaite communion, synchronisant cette danse avec le rythme de leurs battements de coeur, comme un choeur parfaitement harmonisé. 


Ces mains d’une ferveur peu commune, assurées mais délicieusement délicates, ouvrent la voie au son de sa propre voix, comme si l’un chantait l’autre. Mais lequel insuffle ce chant à l’autre ? Elle est incapable de le nommer. Simplement que la compréhension de chacun est fusionnelle et spontanée. Ces caresses parcourant tout son corps, découvrant le moindre frisson, traçant le trajet de leur amour et l’aboutissement d’une oeuvre majestueuse en préparation. Suivent, tels de fidèles compagnons, les mains se font éclaireurs à cette bouche, ces baisers, cette langue qui n’a de cesse de déguster cette peau de soie, cette peau de soir, cette peau des trop nombreuses fois oubliées. Les draps s’enroulant dans sa poigne, imposée par les chocs électriques parcourant son corps, alors que cet arbre descend son ventre, son nombril, centre des appels suppliants à plus, toujours plus, encore plus enlevant. Ces baisers découvrent la peau tendre de ses cuisses humides d’envie, alors que son sexe en pleine inflammation d’envie, se gonfle de l’attente souffrante du toucher. L’ultime moment approche. Elle le sent, elle le souhaite, elle le veut.

Alors que son terrain de plaisirs est légèrement effleuré par des doigts délicats, parcourant les rives enflammées de son antre, frottant d’amour les contours, ajoutant des baisers chauds,  sur cette peau fragile, mince et tremblante de ses cuisses, elle rêve l'abandon. Doucement, les touchés glissent sur ses lèvres enflammées et humides alors que son corps se cambre de se sentir ainsi ravis à la terre comme la feuille écarlate capturée par un vent tourbillonnant. Ses sens ne trouvent plus la gravité, en suspension entre 2 éternelles secondes; corps libre dans un vide sidéral à la fois rempli d’astres célestes lui illuminant la noirceur trop longtemps couchée en elle. 

Son bouton d’or aimé et cajolé comme un lingot en fusion, se gonfle sous ces touchers habiles et attentifs à ses moindres paroles corporelles.  Car oui, son corps hurle d’un plaisir qu’elle ne peut camoufler plus longtemps. Et à l’unison, ses mouvements se joignent aux baisers progressant le long de son antre pour sucer ce bouton, l’embrasser d’une langue chaude, douce, humide et avec la fermeté tout juste souhaitée; l’embrasée en une passion telle une forêt tropicale se déversant sur son sexe. 

Surprise, elle sens se glisser en elle, en éclaireur, ce visiteur venu presser son point de cascade, ce point qu’elle sent se durcir, se gonfler alors qu’une langue s’affaire à caresser l’extrémité externe ouvrant les vannes de cette humidité à peine contenue. Les frissons deviennent saccadés comme son souffle. Emportée. Vibrante. Possédée. 

Elle explose sous ces baisers s’abreuvant de son plaisir, de son volcan libéré, sa cascade tropicale telle une fontaine à la brunante des jours inoubliables, ce torrent dévalant les monts de l’Olympe. Sa jouissance fut d’une telle puissance que tous deux en garderont des souvenirs imperméables.  Allongés, côte à côte, avec comme couverture que leur seul bien-être, nu des aléas du jour, des saisons qui se suivent inlassablement, ils ne font qu’un jusqu’à ce que la Lune s’incline devant l’astre du jour. 

Sentant la caresse des rayons matinaux, elle se réveille, sortie de ce rêve qu’elle aurait cru vivre, qu’elle aurait voulu vivre. Elle reprend son souffle pour continuer son voyage, son canot de vie traversant les océans inconnus. 

Un moka à la main, elle embrasse le ciel sur son chemin quotidien. Mais où est-il, ce doux océan ? Où es-tu ?  


Crédit photo : © 2014 Benoit Champagne 



jeudi 21 décembre 2017

Amants de la rivière

Sur l'hôtel de la nature
S’y goûtent les feuilles de ton plaisir
Où se pointent les seins du désir 

Ta peau de porcelaine, lumière nocturne
Joyaux de la mer comme des îles 
Encore vierge des tempêtes ivres

Ces monts d’ensorcellements
Aux ondulations de corps, sont bouées dansantes
Comme, sous ton chant, les vagues haletantes

Cascade de moults diamants effleurants
De feu et glace se deshabille la rivière
Pour chaleureux amants, en frisson d’hiver

De touchers, moites sont les entrailles 
Où, leurs ailes, ouvrent les feuilles 
Pour voler par-delà les 7 merveilles 



mardi 19 décembre 2017

Frissons de fleur

Contraste de la douceur 
  aux angles sévères de la nature
Une nature libre et fragile 
versus l'immobilité du temps
Une fleur parfumée de volonté 
s'opposant aux intempéries de l'inconnu gris

La beauté dans la nature qui regarde sa fougue se plonger dans les eaux froides de la liberté, sans attache, que ses propres doigts. 

Ton chemin de pétales tu étales
Nous sommes, sur tes flots, sans mots
Les courbes de ces vagues, enivrent, divaguent
En pirate, tu rames tes flammes

La beauté au regard du large, phare plongé dans les vents et les marées, Mahée de liberté, sans attache, que sa propre foi.

Le temps tressé en cheveux
aux angles de passion de feu
Sur l’épaule s’y repose
l’immobilité du temps
Aux fleurs de ta féminité
bercées de l’inconnu gris




Crédits photo
Modele : Mahée Blais-Bernatchez
Jeune femme qui va relever le défi de traverser l'Atlantique à la rame en équipe, de continent à continent, de la terre ferme à la terre ferme. (Détails ici)
Photographe : Eric Daoust

Expert photographe de Noir & blanc

vendredi 1 décembre 2017

Manteau de saison

Comme une saison qui abrite le nid des âmes
La plume est inspirée par la vague du large
Vêtu de l'espoir du beau qui se meut en vagues
Nous écoutons son chant dans ses coquillages
Son manteau de verbes aux chants silencieux
Insufle chaleur dans le glacier de l'odieux
Merveilleuse plume aux pas délicats
Dessins d'encre aux formes que l'amour sculpta.



"Inspiré par ces quelques vers écris par une jeune femme à la grande sensibilité :"

 Marie-Belle POÈTE


dimanche 13 août 2017

Wasteland


Reading the words of past
Your present thrown in thy face
My eyes filled with tears of dust
Striving in this ocean of sand

Without sail, the horizon fast
The wind of time turns its face
Looking astray, my shore’s a dust
From an afar life it bans

Feeling the void you cast
That shroud without cloud I face
A glimpse of light, soon turned to dust
That red knife in your hand

Once, one we were as
Twin suns, warmth in our embrace
Now looking like deserts of dust
Eclipse of the Moon, I strand

The shadows of time past
A window on an empty space
Gazing the wind and never-ending dust
Lost in an ocean of quicksand 

Will the sunrise be one day colorfast
The meeting of life printed on our faces
Shimmering eyes free of dust
Walking heart and mind we understand ?

Walking the road hand in hand
Walking life and friendship on land
Walking away from wasteland
Walking as dancing music land


Walking, dancing, looking … living.


mardi 30 août 2016

De la mer au moulin

Un autre ruisseau qui s'efface dans la fertile terre 
Chaque pas vers la mer 
Est balayé du souffle du destin 
Tout disparait sans dessein

La vie tourne son moulin sous le vent du présent emportant les rêves et les espoirs d'un demain sans histoire, moulant le blé d'une moisson qui ne se récolte plus, laissée dans un champs aride et sans pluie, où même le soleil ne brille qu'indirectement et que le souffle ne chante que pour les fleurs et les arbres distants, réduisant au silence le buisson esseulé dans une forêt de quatre murs.


vendredi 25 mars 2016

Morgane la fée

Sous la source coulant de ce sourire
Un pré de printemps au parfum de plaisirs
Mon regard vogue sur la rivière de votre terreau
Où se perdent les troncs les plus hauts
Forts de leur droiture
Ils perdent leur cime, leur toiture
Sous l’emprise de votre embrasé regard
Et plient l’échine, hagard
En offrande, leur racine
À ces lèvres assassines


Sous la source chaude de ce regard
Je perd mes repères, mon phare
Au gré du vent, des moutons blancs
Branche dérivant sur ce mouvementé océan
Dans le feu de ces cheveux
Mes mots violent mes voiles pour deux
En caresses impossibles
Mais de mains incorrigibles
En offrande, votre corps frissonnant
Comme la fleur de printemps





dimanche 17 août 2014

Toi, Rivage de soi

L'ocean sculpte le rivage
Modelant ce doux visage 
Les yeux du desir de vivre
Main dans la main, ivres
La bouche murmure
Les echos de Namur
Ravalant les vagues aux rochers
Matinales et fraîches marées
La chevelure ondulée du sable
Caresse la joue inoubliable
Le sourire paisible
Tableau immiscible
L'être qui soi

Lettre qui voit

Vaudelaire 
Poète des pauvres et pôvre pouète


samedi 12 juillet 2014

Search of a bearing

Lost at sea I have the memories 
of the light to stir me to shore

To where I once a heart had
To where to guide a light I had

Lost under thy sky no star to trail
my memories to thee horizon I bore

To where I shall a heart find
To where a Life I shall mind

Lost and found the soul of history
deep within a memory aboard

Within where never talked I forget
Within where thy self we get

Vaudelaire 
Poète des pauvres et pôvre pouète


vendredi 15 novembre 2013

Quai Salé

Sur le pont du départ
Le marin quitte, les mots
Noués d'encre salée
À en perdre son phare
Intérieur, que sont ses maux
Troués d'encre salée.

Sur le front de l'étourdie
La main tremble, humides 
Pensées aux sens salés
À en perdre son aplatie
Calme, qu'est son lit
Noué de sens salés

C'est sur ce quai
Aux sueurs chaudes 
Que sa Vue, verte d'ouverture
Se verse dure.


Vaudelaire 
Poète des pauvres et pôvre pouète


mardi 27 août 2013

Voile de beauté

Sa beauté reflète la douceur d'une fleur
La caresse d'un doux vent cajoleur
Le souffle chaud d'une légère moiteur.

Sa beauté empreigne le regard captif
La mémoire, d'aucune manière, ne résiste
La vision aveuglée par ce doux artifice.

Son regard miroite le touché caressant
Le foudroyant soleil jaune et énergisant
L'océan calme et froid des réminiscences.

Mon âme voyage dans les contrés oubliées
Lorsqu'effacée est ton visage ainsi présenté
L'espace d'un moment trop vite passé.

Mon coeur chavire sur l'océan du souvenir
S'y perd dans le naufrage de son navire
Dû aux tourments que la vie conspire.

Vaudelaire
Poète des pauvres et pôvre pouète

dimanche 25 août 2013

Un océan de paix ... ou de troubles

La vie est souvent tel un miroir d'eau où seul notre reflet nous incombe. Et bien qu'il pourrait être agrémenté d'agréable voiliers, on leur épargne des naufrages et des coques brisés. Car c'est alors que le miroir devient trouble avec une mousson renversante, d'une main imprévue, bien qu'ingénue, sur le flanc d'une rive embrochée.

On doit se regarder dans ce miroir, y voir le fond de notre océan, y ratisser la vie qui s'y cache, y boire notre histoire. 

Vaudelaire
Poète des pauvres et pôvre pouète